Ces derniers temps, j’ai cette formule en tête « porter une attention particulière à soi ».
J’y suis attachée à cette formule qui résonne souvent dans mes échanges quotidiens ou encore dans ma pratique.
Ça me vient quand une personne me parle d’une gêne qu’elle ressent ou encore d’un symptôme, d’un dysfonctionnement, sans évoquer la possibilité d’un signifiant, comme une focalisation sur les conséquences. Or, c’est cela que j’appelle une invitation à porter une attention particulière à soi.
Je crois que si l’on va en analyse – en thérapie – c’est pour cela : répondre à une invitation – de soi – pour soi.
Lorsque l’on m’interroge sur l’utilité de cette invitation, je réponds généralement avec cette idée centrale dans ma pratique : que cette invitation me signifie en premier lieu un apprentissage essentiel : apprendre à porter une attention particulière à soi – pas sur un registre purement ou grossièrement égocentrique – mais plutôt sur un registre du soin ; soigner son existence, ou tendre vers une conscience de cette existence.
Autrement dit, dans notre vie quotidienne, il y a beaucoup de choses qui se disent, qui se vivent, qui se passent, notamment en nous : symptômes de nos corps, nos rêves, nos actes manqués, nos lapsus, nos oublis, nos erreurs…
Cette invitation, celle de l’analyse, de la thérapie, c’est apprendre à vivre avec ça aussi, de façon plus large, plus entière peut être, avec ces phénomènes (lapsus….), sans les omettre. En effet, il ne s’agit pas de hasard ou encore d’inattention comme nous pourrions être tenté de le penser ; mais bien d’une expression intérieure qui tente de se manifester.