Règle fondamentale Freud

Une règle fondamentale en séance ?

Il y a des séances qui débutent comme ça :

« Je ne sais pas quoi dire »

« J’ai quelque chose en tête mais je ne sais pas si c’est important »

Or, justement ce qui est essentiel pour entreprendre un travail sur soi, c’est bien cela :


« Dites tout ce qui vous passe par l’esprit »

C’est la règle fondamentale de Freud.


Autrement dit : parlez librement. Cette règle invite à se sentir libre de dire ce qui vient en séance. Et j’insiste sur « ce qui vient ». Alors que nous avons généralement appris à – penser avant de parler – en séance nous sommes invités à parler, dire ce qui est là – sans le penser, sans le reformuler. Cela nécessite de parvenir à un lâcher prise. Le travail consiste à déjouer la censure, en renonçant à toute critique et à tout choix que l’on pourrait faire avant de parler. 

Cette règle pose aussi le cadre de la thérapie à la fois pour le psy et le patient :


Tout jugement doit être écarté de la séance,

Ce n’est pas une « conversation ordinaire »,

On ne vise pas une parole « socialisée », 

On ne vise pas la cohérence d’un discours. 

On vise une vérité, la plus intime.


En effet, c’est dans cet exercice « du tout dire », que nous arrivons à un discours nouveau, des idées nouvelles, notamment par des mots qui échappent, c’est l’émergence de notre monde inconscient. Pas toujours simple de rencontrer ce monde, alors souvent, on peut dire « ce n’est pas ce que je voulais dire » : quand ça arrive, ce mot qui échappe, cette idée qu’on ne comprend pas, c’est pourtant la réussite de l’exercice et c’est justement là qu’il faut accepter d’entendre ce que son psychisme veut dire.

Cette règle – dire ce qui nous traverse – semble si simple et pourtant, elle cache en vérité une grande complexité. Pour faire ce travail en séance, il faut – se sentir et que le cadre du psy nous permette de nous sentir – suffisamment « à l’aise », en sécurité, afin : 

    • d’accueillir ce discours nouveau, les éléments inconscients qui émergent. 
    • d’apprendre aussi à se délester d’une pudeur, d’une peur, une peur de ce qui peut advenir, une peur du regard de l’autre (notamment le regard du psy) …

Ce que je trouve particulièrement interessant dans cette règle, ce sont ses effets mais aussi le fait qu’elle implique une position active dans sa séance, d’être engagé et mobilisé dans cet exercice, dans ce travail pour soi. 

 

C’est au fur et à mesure des séances, qu’on peut entendre comme une réalisation de tout ce que peut contenir cette règle : s’autoriser la liberté d’être soi-même et de dire ce qu’il y a en soi. C’est de cette façon que nous pouvons accéder au sens caché du discours, des symptômes, mettre en lumière des significations. C’est une découverte séance après séance…

Tout ce qu’on peut se dire avant de parler : 

C’est d’aucun intérêt

Ça ne sert à rien

C’est absurde

C’est bête

Je ne peux pas dire ça

C’est honteux de le dire

C’est trop intime

Ça pourrait choquer de dire ça

On pourrait mal me juger

C’est offensant de dire ça

D’après Freud : 

« Comportez-vous à la manière d’un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage tel qu’il se déroule » (Freud, 1913).

« Vous verrez et comprendrez plus tard pourquoi je vous impose cette règle, la seule d’ailleurs que vous deviez suivre » (Freud, 1913)

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